Douleur cervicale antérieur de Atlas:

Cet article expose une douleur cervicale précise, la douleur antérieur d’Atlas, qui vient d’observations en cabinet. Plusieurs patientes de morphologie similaire ont décrites le même symptôme, dans un contexte semblable . Il s’agit donc d’exposer un cas clinique appuyé d’une série de cas semblables. Dans tous les cas les traitements conventionnels étaient sans effets, les personnes étaient démunies puisque sans solutions médicales.  C’est aussi la raison pour laquelle je m’essaye à rédiger cet article, pour que des patients présentant la même symptomatologie sachent que l’ostéopathie peut les accompagner dans ce cas  de figure.

Présentation de la douleur:

Toutes les personnes qui ont présenté cette douleur étaient des femmes entre trente et soixante ans, de taille fine, avec une pratique de danse ou de yoga (Ce n’est pas toujours dans ce contexte que la douleur est apparue). C’est une douleur vive et insupportable qui se situe sous le crâne au niveau de la première cervicale, juste derrière l’angle de la mâchoire, sous l’oreille; du côté gauche.

Elle arrive subitement lors d’un mouvement de rotation de tête sans contraintes particulière, qui laisse à chaque fois le patient dans l’incompréhension.

douleur antérieur d'Atlas

Douleur antérieur d’Atlas – Image from page 36 of « Regional anatomy in its relation to medicine and surgery » (1891)

Le patient ne peut alors plus bouger la tête sans risquer de vives douleurs qui irradient dans toutes les directions (tête, cou, épaule). Parfois il y a une position de confort mais souvent brève. C’est donc extrêmement invalidant. Les nuits sont insupportables.

Les radios sont normales, pas d’hernie, pas d’arthrose, pas d’explications non plus.

Bilan ostéopathique:

Au niveau du bilan ostéopathique on retrouve peu de contractures musculaires sur l’arrière du cou mais en revanche les muscles suivants seront fortement perturbés: muscles long de la tête, muscle gauche ventral de la tête et muscle long du cou. Au tout début de l’apparition de la douleur, tout le rachis semble en place, c’est à peine si on distingue bien le blocage. Il est focalisé sur la partie antérieur de la première cervicale/ base du crâne.

 

Evolution:

La mobilisation du rachis est intolérable pour le patient mais un appui progressif sera accepté et permettra patiemment de décomprimer la région cervicale haute. Lorsque le problème est pris en charge immédiatement, avec une à deux séances rapprochées, le patient va retrouver une position de confort stable et lui permettra de bien dormir et de se mouvoir. Cependant ce sera encore sensible aux mouvements, il gardera probablement une minerve si ça lui fait du bien et la guérison totale sera de deux à trois semaines.

Dans le cas où ce n’est pas pris en charge, j’imagine que le corps peut se rétablir sans séquelle (Je ne connais personne qui ai eu ce problème, qui se soit résolu spontanément et qui m’en ai parlé mais les gens guérissent de pleins de choses naturellement donc je pars du principe que c’est possible).

Dans le cas où ça n’a pas été pris en charge et que j’ai reçu ces personnes plus tardivement (une semaine, deux semaines ou 6 mois). Je retrouve des compensations, c’est à dire des blocages plus importants, au niveau cervicales , épaules, mais aussi bassin pour certains. Le corps peut complètement se tordre si il le faut pour soulager cette zone. Parfois c’est toute la posture qui se vrille. A cause ou grâce à ces compensations, la zone cervicale sera peut être plus facile à aborder en ostéopathie (moins douloureuse) mais il y aura plus de travail pour obtenir une guérison et retrouver le schéma corporel de départ. Comme beaucoup de névralgie, l’aspect psychologique, émotionnel, peut aussi être affecté.